ARIZONa

Chapter 2

WELCOME TO THE US

Les bagages enregistrés, nous voilà prêts à effectuer les 7 heures de voyage qui nous séparent de l'Arizona. Un premier vol sur Toronto, puis une correspondance pour Phoenix, après un temps d'attente d'1h30. Ce qui nous paraissait une formalité va s'avérer être un parcours du combattant. Entassés comme des bestiaux, nous avançons lentement dans la file du contrôle de sécurité de Toronto pour les passagers à destination des États-Unis. Nous retirons chaussures, casquette, lunettes, jaquette... Les minutes passent et nous voyons notre heure d'embarquement s'approcher furieusement. Une fois rhabillés, nous pensons naïvement pouvoir prendre nos jambes à notre cou et atteindre sans encombre la gate F-32. C'est sans compter sur les douanes américaines... Nous apercevons un nouvel attroupement autour de bornes. Une femme obèse en uniforme nous hurle d'avancer et de prendre la prochaine disponible. Nous effectuons consternés les prises d'empreintes et les photos demandées pour tous les quatre. L'heure de départ de notre vol est déjà passée. Nous avons soif et faim et avons dû jeter tout ce que nous avions de comestibles dans nos sacs à l'étape précédente. Nous arrivons enfin au dernier contrôle. Un employé nonchalant nous reprend nos empreintes dans un laps de temps qui nous semble durer une éternité. Nous courons quand même jusqu'à la porte, les enfants dans les bras. Au bord de l'évanouissement, nous atteignons la gate et réalisons avec joie que l'avion est toujours là. Il attend les passagers coincés aux douanes nous dit l'hôtesse. Nous montons à bord et songeons perplexes au bien fondé de tous ces contrôles. 

Chapter 2.1 - PHOENIX

Notre pick up récupéré pour nos nombreux préparatifs, nous nous lançons à l'assaut de Phoenix, la torride. Un surnom point galvaudé, car il y fait 42 degrés ces jours-ci. Impossible de se tenir dehors, nous comprenons enfin cet usage abusif de la climatisation et bénissons la piscine de la petite maison airbnb que nous occupons. Le lendemain, nous sommes invités à dîner chez Tom et Patricia qui nous louent le RV. Ils nous reçoivent comme des rois avec une chaleur toute américaine. Nous avons l'impression de faire partie de la famille. Le camping-car est truffé de petites attentions pour les enfants. Âgés de 65 ans, ils pensent tous deux continuer à travailler encore deux ans avant la retraite. Patricia est infirmière à plein temps dans un hospice pour personnes en fin de vie. Elle nous parle de la pénibilité de son travail. Ils habitent un joli pavillon avec piscine d'une ville de la banlieue de Phoenix. Ils pensent le vendre après leur retraite pour avoir plus de moyens. Ils ont le cœur sur la main et sont d'une extrême gentillesse. Après que Tom nous ait donné la traditionnelle bénédiction qui précède le repas, nous remercions effectivement le ciel de les avoir mis sur notre chemin. Les enfants sont ravis et tout excités de découvrir notre maison roulante pour les huit semaines à venir. Juliette est soulagée en découvrant son lit dans la capucine. Il semblerait que nos explications lui aient laisser croire qu'elle dormirait sur le toit. Nous regagnons nos pénates, ravis de cette rencontre et de notre nouveau chez nous pour les deux prochains mois.

Si cette journée devait porter un nom, nous l'appellerions une journée en enfer. Tout avait bien commencé, nous devions simplement aller à un magasin de vélos deuxième main, situé à 20 minutes de route de notre location, pour trouver notre bonheur, les charger dans le Pick up et retourner au pavillon pour s'y baigner et profiter de l'après-midi avant de prendre la route le lendemain. Sauf que des bons vélos usagés à Phoenix et à prix attractif, ça ne courent pas les rues. Ici, pas de Péclot 13 ou de Sold, mais des Pawn Shops qui te vendent aussi bien des armes mises en dépôt qu'un vélo aux pneus crevés et sans freins. À chaque fois, il faut aller dehors pour essayer le potentiel VTT et il fait chaud, toujours plus chaud, les heures de la journée avançant. À midi bredouilles, nous trouvons refuge dans un restaurant-bar de Tempe, le quartier universitaire. Désespérés, il ne nous reste plus qu'une seule solution adaptée à notre budget: Walmart. Nous y allons et le dévalisons littéralement; deux vélos adultes, un vélo pour Juliette, une charrette pour Gabriel et des casques pour toute la famille, sans oublier un bon cadenas. Le tout, pour à peine 600 dollars, dont nous devrions pouvoir récupérer la moitié, en les revendant au Pawn Shop à notre retour. 

Chapter 2.2 - williams / ROAD 66

Nous prenons possession de notre maison roulante. Un magnifique Holiday Rambler Augusta de la marque Ford. Il est des plus luxueux et la vision de son lit "Queen size" intégré balaie d'un trait les craintes que nous avions à propos du confort des huit semaines à venir. Nous devons encore faire un détour par l'aéroport pour rendre le pick up. Une broutille; Auré doit simplement suivre Mathias qui conduit le camping car et qui a le GPS. Nous embarquons sur l'autoroute à six voies, au deuxième embranchement Mathias déboite à la dernière minute, on est déjà sur la ligne blanche, Auré ne peut se rabattre. Panique à bord! Elle continue et quitte la highway à la prochaine sortie. Réfugiée sur un parking, elle appelle Mathias qui ne répond pas. A-t-il remarqué qu'elle ne le suivait plus? Les données à l'étranger enclenchées, la 4G ne fonctionne pas. Elle roule jusqu'à la prochaine station-essence pour acheter une carte routière. Pas de carte, mais un croquis sommaire du pompiste pour rejoindre l'aéroport. Mathias rappelle. Il fait demi-tour et vient avec les enfants. Après 25 minutes et des sueurs froides, on repart à zéro sans encombre cette fois-ci. Nous quittons enfin Phoenix tous les quatre pour contempler avec joie les paysages se diversifier et l'air se rafraîchir. Nous arrivons à Williams sur l'ancienne route 66.  Nous plongeons dans un autre temps et apprécions cette petite ville sympathique.

Chapter 2.3 - Grand canyon

Nous entamons notre première expérience des parcs nationaux avec le Grand Canyon. Le camping y est plus rustique qu'à Williams, pas de branchement d'eau et d'électricité, mais un cadre plus enchanteur. Notre emplacement se trouve au milieu de la forêt de pins et des biches gambadent entre tentes et camping-car, de quoi ravir petits et grands. Après une installation du camping-car déjà moins chaotique que la veille, nous enfourchons nos vélos et prenons les pistes cyclables pour rejoindre un premier point de vue. Le spectacle y est éblouissant. Nous sommes presque seuls sur le chemin qui longe le Canyon. Où est donc passée cette horde de touristes annoncée par le Lonely? 1 km plus loin, ils sont tous là, à Mather Point, juste à côté du parking visiteur, à effectuer leur photo souvenir. Les plus téméraires enjambent la barrière pour se mettre en équilibre sur un rocher et faire un auto-portrait du plus bel effet. Pas étonnant que le selfie soit une des premières cause de mortalité. Gabriel veut aller partout. Auré n'est pas rassurée. Au bord, le précipice est proche. Il est temps de regagner le camping-car. Le soir, en feuilletant le guide, nous constatons qu'il y a deux approches du Grand Canyon; la très touristique, avec ce fameux Rim Trail que nous avons serpenté et la plus sportive, avec des randonnées escarpées de deux jours, plus difficiles d'accès. Ça ne sera pas pour nous. Nous reviendrons dans quelques années avec nos ados!